• D'ENTRE LES MORTS

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    Un petit spécial St Valentin les amis.


    Timéo avait 19 ans quand son cœur a arrêté de battre. Sa mort n'avait pas été spéciale ou super top non plus. Il était avec sa copine quand c'est arrivé. Quoi de mieux n'est-ce pas ? S'envoler pour une meilleure vie avec sa bien-aimée. Et c'était bien vrai, le monde des morts était juste parfait.
    Jusqu'à ce que sa copine disparaisse suivie d'autres personnes et qu'une rumeur se mette à circuler comme quoi ils seraient retournés à la vie.

     

     

     

    JE N'AURAIS JAMAIS CRUS mourir de la sorte. Vraiment. Si l'on m'avait dit que se serait de cette manière-là que j'allais en finir avec la vie, j'aurais explosé de rire. Mais maintenant que j'y pense ça n'a pas du tout été drôle. Au contraire, je suis mort dévasté, en pleine rage et la peur aux tripes. Super chouette. Ça s'est passé il y a huit mois, au début du mois de Juin.

    J'étais tranquillement en compagnie de ma petite amie, Ambre. Nous venions de fêter nos trois ans ensemble. Ouais, trois ans. Il y avait des jours où je me demandais comment j'avais fait jusque-là pour la supporter et rester avec elle. Et puis il y en avait d'autres où je me disais que je ne pourrais plus jamais vivre un jour sans l'avoir à mes côtés pendant un moment. Je vous l'accorde, super nunuche le truc, mais c'est ce qui arrive quand vous tombez amoureux de quelqu'un. Enfin c'est ce que ma mère m'avait expliqué quand je lui en avais parlé, tout apeuré à l'idée que je n'allais plus la voir pendant une semaine puisqu'elle partait au ski avec ses parents.

    Mon Ambre, mon encre. Le nombre de fois où je me suis imaginé pouvoir revenir en arrière et changer le cours des choses. Pouvoir faire en sorte que rien de tout cela ne serait arrivé. Que nous serions en se moment-même en train de faire des batailles de boule de neiges dans l'un de nos jardins, profitant de l'air frais du mois de Janvier. Si seulement je n'avais pas décidé de prendre un des soi-disant raccourcie que je connaissais. Parce que c'était en partit de ma faute que nous étions morts, malheureusement. 

    Têtu comme j'étais, j'avais absolument voulu prendre des petites rues pour couper celle principale et arriver plus vite au parking ou j'avais garé ma voiture. Sauf que moi et le sens de l'orientation ce n'était pas trop ça. Nous nous étions vite perdus dans les dédales, rigolant nerveusement à l'idée d'espérer retrouver le chemin. Ambre était accrochée à mon bras, vêtue d'une magnifique robe rouge qui dévoilait le début de ses cuisses dont le dos était nu.

    Moi j'avais ressorti mon costard de l'année dernière en priant qu'elle ne s'en rende pas compte et avait ajouté une rose rouge dans ma petite poche pour être accordé à sa tenue. Oui, nous nous étions mis sur notre trente-et-un. D'un côté, ce n'était pas tous les jours que nous fêtions nos trois ans de couple alors autant en profiter et s'habiller chique pour une soirée. Surtout que je savais très bien que le lendemain je retournerai aux bas de training et vieux pull troué à capuche.

    Nous sortions du restaurant, les idées légèrement brouillées dû à quelques flûtes de champagnes qui étaient passées dans notre estomac. Nous n'avions pas remarqué que le décor s'était mis à changer. Les rues s'étaient faites de plus en plus sales, une drôle d'odeur s'y mêlant avec et nous ne croisions plus aucune personne.

    Jusqu'à ce que l'on tombe face à face avec un homme armé d'un pistolet braqué sur quelqu'un à genoux par terre, tremblant et suppliant. Nos gloussements se sont tus immédiatement, choqué par la scène qui se déroulait devant nos yeux. Mais c'était déjà trop tard, il nous avait repéré. Ambre à resserré son emprise sur moi et j'ai déglutis, sentant une soudaine froideur me paralyser le corps. Seules les supplications de la personne au sol résonnaient. Nous n'osions plus bouger. C'est alors que la victime se releva doucement, les mains devant lui, tentant de lui expliquer quelque chose mais je n'arrivais pas à discerner quoi. Tout ce à quoi je pensais était comment j'avais réussi à nous fourrer dans une telle merde.

    Je jetais un regard par derrière. Nous venions à peine de rentrer dans la ruelle, nous pourrions avoir le temps de rebrousser chemin et courir le plus vite possible de retour dans les rues principales se mélanger à la foule et chercher le commissariat de police le plus proche. Serrant la main d'Ambre pour essayer de la rassurer, je fis lentement un pas en arrière, mes yeux braqués sur l'homme armé. Sauf que je n'aurai pas du.

    « Restez où vous êtes les jeunes, on a de la compagnie » déclara-t-il d'un ton sadique à la personne devant lui.

    « Timéo ? »

    La voix d'Ambre tremblait de peur. Sa main à présent serrait la mienne d'une force que je ne l'avais jamais vu avoir. Je ne savais pas quoi faire. Mon cerveau refusait de coopérer. La peur m'avait gagnée également. Je me souviens avoir pensé 'par pitié, je ne ceux pas mourir ce soir'. Mais apparemment personne de là-haut n'a exaucé mon vœu. Alors depuis cette soirée je n'ai plus cru une seule fois en Dieu. Je n'ai pas répondu à ma copine tout simplement puisque mes cordes vocales ne fonctionnaient plus. J'ai ouvert la bouche mais aucun son n'en ait sorti. J'ai voulu pousser, forcer, mais ça m'a fait plus mal qu'autre chose alors comme un poisson j'ai refermé ma bouche et serré en retour sa main, puis-qu'apparemment c'était notre seul et unique moyen de communication.

    Je n'arrivais plus à réfléchir, ni à penser clairement. Les seuls mots qui me venait à l'esprit était 'AMBRE', 'PISTOLET' et 'HOMME', comme si j'étais revenus au stade de développement du cerveau d'un enfant de trois ans.

    La suite je m'en rappelle comme si c'était hier. L'homme ne cessait de faire des vas-et-viens avec ces yeux entre le gars devant lui et nous à l'arrière. Et puis d'un seul coup, la personne au centre (qui en d'autres circonstances aurait pu avoir le rôle de celui qui devait toucher la balle que ceux de chaque extrémité s'envoyait) prit ses jambes à son coup et d'une vitesse impressionnante, s'en aucun doute l'adrénaline qui nous manquait, se mit à courir devant lui, dépassant en une flèche l'homme armé près à arriver au tournant d'une autre rue. J'ai cru qu'il allait réussir à se sauver sans égratignures. Raté.

    La chose suivante, un coup de feu retentit et le gars manqua de s'écraser par terre sous l'impacte de la balle. Il avait été tiré dans le haut du dos, à côté de l'épaule droite. Ambre avait lâché un cri aiguë à ce moment-là et moi je me suis mordu la langue pour tenter de paraître fort à ses côtés, goûtant au passage au goût du sang métallique dans ma bouche. La fuite de la personne aurait pu être notre décampement également. Mais nous étions trop choqués et apeuré pour pouvoir bouger ne serait-ce qu'un petit doigt. Alors nous sommes restés droit comme des 'i', attendant notre sort.

    L'homme au pistolet ragea, cracha toutes sortes d'injures des plus infâmes avant de doucement se retourner vers nous.

    « Vous m'avez fais perdre ma victime. Vous allez en payer les conséquences. »

    Sa voix n'était absolument pas amicale. Elle était glaciale, dépourvu d'émotion.

    Il s'était mis à avancer lentement vers nous, faisant monter l'angoisse logée au creux de notre estomac. Il se posta devant Ambre et d'un seul coup sans prévenir, brandi son pistolet et appuya sur la gâchette. Mon souffle se coupa. Je la regardais alors poser ses mains sur son ventre, la où la balle avait atterri et un petit bruit de douleur s'échappa de ses lèves. Le monde avait arrêté de tourner autour de moi. C'était comme quand j'argumentais un film avec mon meilleur ami et qu'il prenait la télécommande pour appuyer sur stop afin de ne pas louper la scène qui se déroulait. Ambre fit quelques pas en arrière et ses lèvres tremblantes prononcèrent mon nom.

    Mes yeux étaient rivés sur la tâche rouge qui augmentait par seconde sur son ventre. Du rouge sur du rouge. Mais celui qui s'écoulait de sa plaie, celui qui s'imbibait dans le tissu de sa robe était plus foncé, plus poisseux. C'était du sang. C'est ce qui me sortit de ma léthargie.

    « Oh mon Dieu, Ambre ! » M'écriais-je paniqué. « Ambre, Ambre, regarde-moi, regarde-moi je t'en supplie, Ambre ! »

    Elle avait basculé en arrière et je l'avais rattrapée juste à temps. Pour tenter de stopper le flux j'avais plaqué mes mains sur les siennes, appuyant sur sa blessure, sentant le liquide chaud couler sous mes doigts. Ses yeux avaient commencé à rouler.

    « Non, non, non, pas maintenant, Ambre ! Reste avec moi je t'en supplie... »

    Je m'étais mis à pleurer. Les larmes me brouillaient la vue, mon nez c'était instantanément bouché comme lorsqu'il y avait trop de poussière dans une pièce et ma gorge s'était nouée.

    « Timéo... » Murmura-t-elle.

    Je m'étais mis à lui caresser les cheveux d'une main sanglante tandis que l'autre tentait toujours désespérément de stopper de sang de couler.

    « Je suis désolé, je suis désolé Ambre, tellement désolé... Pardonne-moi... » Suppliais-je ne pouvant plus contrôler mes soubresauts.

    Mais aucune réponse m'était venue. Alors j'avais reposé mon regard sur son visage et l'horreur de la situation avait pris place dans mon esprit. Sa bouche était entrouverte et ses yeux ne bougeaient plus, levés vers le ciel comme si elle voulait le capturer une dernière fois avant de disparaître.

    « Ambre ? Ambre ? Ambre ! Non, non, non, non, Ambre ! Non ! »

    Mon cœur venait de se déchirer. Je l'avais perdue. Tout était de ma faute. Elle était morte. Mes larmes redoublèrent et je me mis alors doucement à la bercer dans mes bras, ne cessant de l'appeler, de lui dire oh combien j'étais désolé. Jusqu'à ce que je me rende compte que le tueur était toujours devant nous. J'avais alors relevé la tête, le visage ravagé par la douleur, par la peur et par la colère qui me pris soudainement.

    « Pourquoi ? » Lâchais-je d'une voix étranglée par mes pleurs et la rage.

    « Tu ne le sera jamais. »

    Et avant que je ne comprenne ses intentions, il s'était déjà préparé, le doigt sur la gâchette près à tirer. Et un deuxième coup de feu résonna. Je m'étais reçu une balle dans la zone la plus douloureuse de mon être à ce moment-là.

    Une balle droit dans mon cœur.


    *

     

    Je ne peux pas vous en dire plus, le reste ne sont que des flashs bien flou. Je me souviens juste que j'ai senti mon corps tomber à la renverse et que j'avais toujours celui d'Ambre sur moi. J'imagine que lorsque des gens ont trouvés nos corps, ils ont dû penser à une tragédie de l'amour. Un couple qui, jusqu'à la mort se tenait côte à côte. Moi sur le sol, ma chemise blanche toute neuve que j'avais acheté la veille en sang, et la tête d'Ambre reposant sur mon ventre, sa belle robe qui lui allait comme un gant, souillé pour l'éternité.

    Et j'ai envie de vous dire, une fois que la mort nous a trouvé, on ne sait plus jamais séparé.

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